Tout
d'abord, je tiens à rappeler qu'il y a consensus ("Idj'ma'") au
sein des "Ahlous Sounnah wal Djama'ah" (les sounnites) qu'il n'appartient
pas à qui que ce soit de rabaisser un Compagnon
,
quel qu'il soit, en raison des divergences qui ont pu éclater entre
eux.
Ensuite,
il convient de rappeler deux points très importants concernant ces
divergences et conflits:
·Les
données historiques portant sur la vie des Compagnons
ne s'étudient pas comme n'importe quel autre fait historique. Les
savants musulmans considérèrent cette science comme étant
une des branches de la foi islamique. En effet, il ne faut pas oublier
que les premiers intermédiaires dans la transmission des sources
fondamentales de l'Islam, avec en premier lieu le Qour'aane, sont justement
ces Compagnons
du Prophète Mouhammad
.
Porter atteinte à leur intégrité revient à
attaquer les fondements même de l'Islam (Les ennemis de l'Islam
ayant bien compris cela depuis longtemps, c'est la raison pour laquelle
ils ont pris les illustres Compagnons
comme cibles).
Ce qui signifie donc que l'analyse de ces données demande des compétences
bien particulières dans les sciences religieuses. En effet, on ne
peut évoquer les faits et gestes des Compagnons
sans prendre en considération les innombrables versets du Qour'aane
et Hadiths qui font leurs louanges et évoquent leur haut statut.
·Les
divergences entre les Compagnons
sont considérés comme des différences de "Idjtihâd"
(ce terme désigne les efforts entrepris afin de dégager
une prescription ou une interprétation en rapport à une situation
donnée à partir des sources premières de l'Islam,
le Qour'aane et les Hadiths). A ce sujet, le Prophète Mouhammad
disait en ce sens que celui qui exprime une opinion ou qui adopte une position
après avoir fait le "Idjtihâd" et qu'il a raison, dans
ce cas, il obtiendra une double récompense de la part d'Allah; et
s'il s'est trompé, il aura quand même une récompense.
Une erreur de "Idjtihâd" n'est donc en aucun cas un péché.
C'est ce qui explique le consensus des sounnites sur le fait que personne
ne peut s'octroyer le droit de déshonorer ou de manquer de respect
à n'importe quel Compagnon
...
En effet, comment pourrait-il en être autrement alors que selon les
dires du Prophète Mouhammad
,
même ceux qui avaient tort parmi eux seront récompensés
par Allah ?
Je
vais citer deux éléments qui attestent que les divergences
entre les Compagons
ne peuvent qu'être considérées comme des différences
de "Idjtihâd":
Tout
d'abord, le Prophète Mouhammad
avait dit au sujet de Talha
qu'il était "un martyr qui marchait sur terre". Cette prédiction
du Prophète Mouhammad
se réalisa lors de la bataille du chameau (durant laquelle lui
même et Zoubeïr
étaient
opposés à Ali
...)
où il fut martyrisé. Maintenant, si le fait de participer
à cette bataille était un péché, comment le
Prophète Mouhammad
aurait-il pu le qualifier de martyr (chahîd) ? En effet, quelqu'un
qui meurt dans la désobéissance d'Allah ne peut est considéré
comme étant un martyr. Ce qui montre bien que sa décision
de se battre contre Ali
était une erreur de "Idjtihâd", qui n'est pas considéré
comme un péché.
Ensuite,
Ali
rapporte lui-même que le Prophète Mouhammad
avait prédit au sujet de celui qui tuerait Zoubeir
qu'il irait en enfer. Encore une fois, si Zoubeir
commettait
un péché en se battant contre l'armée de Ali
,
pourquoi donc celui qui l'a tué ira-t-il en enfer, selon les dires
du Prophète Mouhammad
?
C'est
ce qui explique donc la doctrine des "Ahlous Sounnah wal Djam'ah" qui prescrit
de garder le silence au sujet des divergences qui ont eu lieu entre les
Compagnons
.
On
questionna une fois Hassan Basri r.a. au sujet des divergences qui ont
opposé les Compagnons
. Il répondit : "Il s'agit là d'événements
durant lesquels les Compagnons
étaient présents alors que nous ne l'étions pas. Ils
connaissaient parfaitement les conditions à ce moment alors que
nous ne les connaissons pas. C'est pourquoi, ce sur quoi ils étaient
d'accord, nous les avons suivis et concernant les choses au sujet desquels
ils ont eu des divergences nous nous sommes abstenus et nous avons choisi
le silence."
(Réf: Tafsir Qourtoubi)
Imâm
Châfei r.a. disait à ce sujet: "C'est là un sang
dont Allah a gardé nos mains pures. C'est pourquoi, il nous incombe
de garder nos langues également pures à ce sujet." (Réf:
Char'h Mawâqif)
Imâm
Ahmad Ibné Hambal r.a. disait pour sa part: "Il n'est permis
à aucun musulman de dire du mal des Compagnons
, de tirer leurs défauts, de les rabaisser ou de les insulter."
Qu'Allah
raffermisse nos pas, illumine nos cœurs et nous garde tous sur le Droit
Chemin. ÂmineWa
Allâhou A'lam !
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